Cinéma

La La Land : une poésie acidulée et onirique

20 mars 2017
La La Land

Il était décidément temps que j’aille voir La La Land ! Vous avez difficilement pu passer à côté ces derniers mois avec la hype énorme autour de ce film. Du coup, quand il y a une si grosse attente et autant d’éloges, j’ai tendance à prendre peur : vais-je être déçue ? J’avais adoré le premier film de Damien Chazelle, Whiplash ; mais une chose est sûre : hormis l’omniprésence de la musique jazz et J.K Simmons, les deux films n’ont rien à voir. Alors, verdict ?

Synopsis : Mia est une serveuse à Hollywood mais se rêve actrice. Sebastian joue du piano dans un  restaurant chic mais rêve d’ouvrir son propre club de jazz. Les deux là se croisent. Se recroisent encore. Et tente de réaliser leurs rêves…. ensemble. 

Cet article ne contient pas de spoilers


La La Land Someone in the Crowd

– Damien Chazelle ne perd pas de temps et nous plonge dans sa comédie musicale dès les premières secondes. Si le réalisateur n’avait pas crié son amour à Michel Legrand, on aurait quand même reconnu l’hommage, et de loin ! Tout de suite, je pense aux Parapluies de Cherbourg, indéniablement. Tiens, ça faisait longtemps que je n’avais pas vu un film comme ça. Damien Chazelle nous fait du neuf avec du vieux, du nostalgique teinté de modernité. J’accroche immédiatement mais je peux comprendre qu’on n’adhère pas forcément (et dieu sait que je ne suis pas du tout fan des Parapluies de Cherbourg). Mais les comédies musicales, ça me parle. Je repense à Grease, Mary Poppins, West Side Story et mes plus belles années de High School Musical (même pas honte). En bref, je prends directement la chose comme un petit bonbon acidulé mais plein de douceur.

– Ce qui m’impatientais énormément avec ce film, c’était de retrouver le duo Emma Stone/Ryan Gosling. Ces deux là ont une alchimie complètement dingue. Ils nous l’ont déjà prouvé dans Crazy Stupid Love. Ils le confirment dans La La Land. Je comprends pourquoi Emma Stone a eu son oscar, même si elle le méritait depuis la scène Pocketfull of Sunshine de Easy A (j’exagère pas). Ryan Gosling se fait un peu voler la vedette mais reste toujours aussi bon : quoi que les gens en disent, j’ai toujours adoré cet acteur depuis que j’ai pleurniché devant The Notebook en 2004 pour découvrir ensuite le reste de sa filmographie, très riche (Stay, All Good Things, Blue Valentine, Lars and the real girl). Et si j’aime beaucoup Emma Watson et Miles Teller (que Damien Chazelle avait choisi au départ), le film n’aurait vraiment pas eu la même saveur avec eux… 

La La Land Mia Sebastian

Mia et Sebastian : réaliser ses rêves… ensemble ?

– Si Emma et Ryan m’ont convaincu, c’est aussi grâce à Mia et Sebastian. Je m’y suis attachée dès les premières minutes. Peut-être parce que je m’y suis reconnue dans certains aspects. Mais j’ai de suite vibré avec eux, sans hésitation. D’ailleurs le film repose uniquement sur eux. Si on débute avec plein de personnages, comme les amies de Mia… au final il n’y a pas de personnage secondaire qui sorte du lot (peut-être un peu John Legend), juste des apparitions (amis, patron, parents). Mia, Sebastian, leurs passions, leurs rêves et leur histoire prennent toute la place. Sans que ça ne pose forcément problème. 

– Avec cet hommage aux comédies musicales des années 30-40, on se retrouve complètement hors du temps avec La La Land. Une grain sur l’image. Des tenues simples et colorées, un peu vintage. Et soudain, une sonnerie de smartphone ou une prius et hop nous revoilà en 2017. Damien Chazelle joue de cela, à nous perdre dans les époques. Sebastian est définitivement celui qui reste accroché à cette époque avec ses rêves teintés de jazz. Mais Mia, avec son idéal d’une success story hollywodienne, n’est pas en reste…

– Et quelle beauté, quelle magnifique photographie. Je ne suis franchement pas surprise que les oscars de la meilleure photographie et des meilleurs décors leur ai été attribués. Chaque plan est splendide et te plonge un peu plus dans l’histoire, te perds un peu plus dans les époques, te ramène un peu plus à la nostalgie. C’est doux, c’est flamboyant, c’est surprenant et parfois irréel. Une poésie acidulée, un conte doux-amer. Certaines scènes sont même plus qu’oniriques et envoutantes ! Et je vous invite vivement à repérer toutes les références aux classiques du genre : Singing in the Rain et Les Parapluies de Cherbourg sont omniprésents ! 

La La Land Mia Sebastian

– Mais il ne faut pas oublier que la musique joue un rôle essentiel dans La La Land, elle est en son cœur. Et là, clairement, ça passe ou ça casse. Vous l’aurez deviné : avec moi ça passe absolument ! Je me suis rapidement retrouvée à me tortiller sur mon siège et à fredonner ici et là. City of Stars, oscar de la meilleure chanson originale ? Et bien oui, évidemment. Et évidemment qu’on ne peut que saluer la performance de chant en direct, plutôt que les enregistrements, playback et voix modifiées. Alors oui, Emma Stone et Ryan Gosling n’ont pas des voix exceptionnelles. Mais elles sont douces et sincères et collent parfaitement avec les personnages et avec le ton du film. Je retiens aussi Another day of sun, dont le thème principal revient tout au long du film : elle donne la pêche ! La beauté et la douceur du thème de Mia et Sebastian ou celle du Planetarium… La scène de Someone in the Crowd qui nous inspire indéniablement West Side Story…

– Pour ce qui est du scénario et son déroulé, en soit, on est totalement dans du classique revisité. L’histoire entre Mia et Sebastian est délicieusement douce-amer. On en a vu d’autres mais ce n’est pas pour autant que ça ne fonctionne pas. Certains reprochent à La La Land de se présenter comme innovant alors que le film reprend juste des codes aujourd’hui “démodés”. Certains reprochent une nostalgie de mauvais ton, comme pour snober l’industrie actuelle. Personnellement je vois surtout un film passionné, un hommage d’un réalisateur amoureux du genre et qui en reprend les codes avec brio. Oui, à côté des blockbuster millimétrés, La La Land fait du bien. Et ça n’empêche pas pour autant d’apprécier les autres productions actuelles bon sang non ? 

SPOILER. Bon j’ai un peu menti en disant qu’il n’y aurait pas de spoilers dans cet article… Mais je voulais absolument évoquer avec vous la fin de La La Land (donc si vous ne l’avez pas vu, sautez ce paragraphe). Au premier abord, quand on voit Mia et son mari, débarquer dans le bar de Sebastian et que défile sous nos yeux une vie ou Mia et Sebastian seraient restés ensemble, on se dit : c’est ce qui se serait passé “si”. Mais en y regardant de plus près, je ne pense pas que ce soit cela que l’on veut nous dire… On revoit des moments que Mia et Sebastian ont vécu ensemble, mais ils sont modifiés : par exemple, Mia fait son one-woman show et la salle est complète et l’acclame. Et surtout : à leur première rencontre dans le restaurant, Sebastian ne l’a bouscule pas mais l’embrasse immédiatement. J’ai plutôt l’impression que ce que l’on nous montre c’est : voilà ce qu’il se serait passé si on vous avait servi un pur classique hollywoodien, la love story parfaite, l’american dream à son apogée. Ce que des classiques des années 40-50 nous ont servi allègrement et auxquels La La Land rend hommage… avec son petit twist. Donnez moi votre avis sur le sujet, car il s’agit de mon ressenti personnel !

La La Land Mia Sebastian


Le verdict me semble clair… c’est un joli coup de cœur que j’ai eu dans la salle de cinéma. Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu une bonne comédie musicale, sans avoir besoin de voir un film tourné il y a 30 ans et plus. La La Land m’a séduit, touché, fait rire et pleurer. Mia et Sebastian sont devenus en 2 heures de temps des personnages pour lesquels j’éprouve beaucoup de sympathie et une chose est sûre : je risque de fredonner la BO encore longtemps… De mon côté, le pari est définitivement réussi.

Et vous, séduits par La La Land ?

Crédit photos : Black Label Media, Gilbert Films, Impostor Pictures, Marc Platt Productions

  • Reply
    Lucile
    20 mars 2017 at 18 h 37 min

    Totalement d’accord avec toi ! J’ai été voir ce film dès sa sortie (ma soeur m’a entraînée au cinéma ahah), n’étant pas fan de comédies musicales, mais ça a été un vrai coup de coeur ! Il fait maintenant partie de mon top 3 des films préférés. J’ai adoré, et crois-moi, je fredonne encore la BO (et pas que…) même 2 mois après ;) Quant à la fin.. je suis plutôt d’accord avec toi, je pense que c’est en cela que La la land “casse” les codes du cinéma Hollywoodien.
    Bonne soirée :)

    • Reply
      anahaddict
      20 mars 2017 at 19 h 01 min

      Ah c’est marrant que tu ai adoré alors que tu n’es pas fan des comédies musicales ! J’aurais plutôt tendance à croire qu’il faut des affinités avec le genre pour apprécier le film, comme quoi :) Il casse les codes du scénario tout en respectant à la lettre les aspects techniques :) Concernant la BO, il faut absolument que j’achète le vinyle ^^

  • Reply
    Valérie@EnvieVoyages
    21 mars 2017 at 16 h 09 min

    J’ai été voir La La Land ce week-end avec une amie et nous avons été rapidement embarquée dans cet univers onirique tellement rafraichissant qui “casse” tous les grands codes Hollywoodien.
    J’ai été particulièrement séduite par la bande son qui depuis inonde mon salon et ma voiture.

    Et que dire de cette fin? Rien qu’à elle seule, elle fait tout le film (dans tous les sens du terme :p).

    • Reply
      anahaddict
      21 mars 2017 at 21 h 38 min

      La fin est superbe oui, autant dans ce qu’elle raconte que dans la technique !

  • Reply
    Superjuw
    21 mars 2017 at 17 h 14 min

    TOUT PAREIL QUE TOI ♥ Ça fait bien longtemps que je n’avais pas craqué sur une comédie musicale ! ;)

    • Reply
      anahaddict
      21 mars 2017 at 21 h 39 min

      Oui, comme toi ça fait longtemps que je n’avais pas eu le coup de coeur pour un film de ce genre :)

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