Cinéma

Fantastic Beasts : la magie opère toujours ?

24 novembre 2016
fantastic beasts

Au départ, je n’étais pas du tout emballée par Fantastics Beasts. Je suis pourtant une fan d’Harry Potter depuis que j’ai eu le premier tome dans les mains, vers 9-10 ans. Toutefois, l’annonce de cette nouvelle saga autour de cet univers que j’aime tant n’a pas tout de suite eu ma bénédiction. Concrètement, je voyais surtout les billets verts s’aligner, plutôt que nous donner de la qualité. En voyant que cinq films sont prévus, j’avoue que je le pense toujours. Non, définitivement, la hype n’était pas là. Pour ça et pour plein d’autres raisons. Mais bon, on ne se refait pas… A peine le film sorti que ma curiosité était trop grande et que l’envie de me replonger dans l’univers Harry Potter a resurgi. Alors c’est parti…

Synopsis : Nous sommes en 1926, et le mage noir Grindelwald a disparu des radars depuis deux ans. Le très british Newt Scamender, de son état, débarque à New York dans l’idée d’y dénicher quelques nouvelles créatures à protéger. Mais des événements pas franchement sympathiques commencent à s’y dérouler, mettant à mal le secret du monde magique face aux moldus. D’ailleurs la secte des fidèles de Salem, persuadée de leur existence, commence à les traquer.

Note : J’ai vu le film en VO. Mais aussi en 3D… Vous le savez, je déteste là 3D (j’en parlais là par exemple). Et bien ça n’a pas changé, ça me gâche vraiment le plaisir du film, j’aurais vraiment préféré m’en passer.

Cet article ne contient pas de spoilers.


Les qualités 

–  Je l’avoue, j’avais peur du changement. Pourtant, c’est ce qui fait la force du film. On se trouve aux Etats-Unis, en 1926 avec des protagonistes adultes ; là ou Harry Potter était plus british que jamais, dans notre époque contemporaine et mettant en scène des enfants. Pour étendre l’univers, J.K Rowling ne pouvait pas choisir plus éloigné… Et ça fonctionne ! Au final je me dis que si on était resté en Angleterre avec des gosses, on ne pouvait plus que faire de la comparaison abusive et y voir un manque d’originalité effarant. Personnellement, j’approuve Fantastic Beasts comme une vraie extension de l’univers Harry Potter, là où The Cursed Child a plutôt l’aspect d’une fan fiction…

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– Je suis donc réellement ravie de retrouver cet univers. Car même si on est loin des tasses de thé et de cet accent si caractéristique (même si Newt est la caution british du film), je retrouve “l’univers Harry Potter”. C’est d’ailleurs très sympa de découvrir un autre mode de fonctionnement du monde des sorciers. Les réglementations, le ministère, les “no-maj” (je préfère nos chers muggles personnellement). La magie opère, oui, même si je reste moins émerveillée.

– Mais on peut quand même dire que dans le ton, on est dans une continuité par rapport à Harry Potter. Même si Fantastic Beasts lui est antérieur, on retrouve ce côté sombre des derniers films de la saga. C’est peut-être même encore plus sombre. New York n’aide pas dans ça, on est loin des décors naturels de Poudlard et ses environs n’est-ce pas ? On a des décors bruts, sinistres, industriels… et ça va avec le propos (même si le film n’est pas sombre H24 et qu’il y a toujours une certaine innocence). Malgré un aspect un peu morne, du fait du décor, on a tout de même droit à des plans franchement superbes tout au long du film (je pense surtout à ceux dans le Macusa, certains sont impressionnants).

– Parlons d’une des choses dont j’avais le plus peur et qui me donnait le moins envie de voir le film : Eddie Redmayne dans le rôle de Newt Scamender (où Norbert Dragonneau en VF, tout de suite moins classe). Ce n’est pas un acteur que j’apprécie particulièrement, il est même extrêmement mauvais dans Jupiter Ascending (bon le film est déjà mauvais, mais sa prestation est juste dégueulasse). Et quelle surprise ! Il est un des vrais points positifs du film. Je me suis attachée au personnage dès les premières minutes du film : sympathique et maladroit, Newt a toute sa place ici. Et puis quand je vois son long manteau, son écharpe colorée, son nœud papillon et sa valise “bigger on the inside”, ne me dites pas que je suis la seule à penser DOCTOR WHO intensément ? 

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– Newt n’est pas le seul personnage réussi. Jacob, le “no-maj” (je n’arrive pas à m’y faire), est un excellent sidekick extrêmement attachant, j’espère le revoir. Il en est de même pour Queenie, la sœur de Tina. On a envie de plus la connaître et elle est resplendissante tout au long du film. D’autant plus qu’elle met en avant le principe de Legilimens, et c’est très intéressant car ça nous amène à comprendre la puissance de Voldemort (le pratiquant également). Dans un autre registre, Ezra Miller m’a vraiment surpris dans le rôle de Credence, son personnage est très touchant, vraiment. Globalement (j’en parle juste après), le casting est excellent et il n’y a aucune fausse note du côté du jeu des acteurs.

– Et les animaux fantastiques alors ? Certains donnent lieux à de très belles scènes, drôles et touchantes comme le niffleur ou le bowtruckle par exemple. Voir tout ce petit monde cogiter autour de Newt, c’est surprenant… Et cette valise ?! Mais donnez là moi ! 

– J’ai beaucoup aimé le principe de l’Obscurus… C’est un élément très fort de ce film je trouve. On nous présente tout de même un élément magique extrêmement destructeur qui provient de la haine que les sorciers ont envers eux-mêmes. De ces jeunes sorciers et sorcières persécutés à cause de leurs pouvoirs et qui renferment tout sur eux-mêmes et créent cette “entité” très puissante et dangereuse. D’ailleurs, il y a certaines théories mettant en avant le fait que l’obscurus serait une allégorie de l’homosexualité (ou plutôt du fait d’être “in the closet” comme on dit) et la persécution qui va avec.

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Les défauts

– Johnny putain de Depp. Ce rôle confirme ce que l’on pensait tous : être un agresseur ne t’empêche pas de continuer tranquillement ta carrière dans le plus grand des calme, surtout si tu es un homme célèbre. Et en plus de ça, on lui donne le rôle de Grindelwald, ce perso super important totalement effacé des films Harry Potter (en même temps que le passé de Dumbledore, tristesse infinie). Alors même s’il est très peu présent dans cet opus, il sera un personnage central par la suite et ça me dégoûte d’avance… Franchement, quand sa tronche platine est apparue à l’écran, j’étais physiquement repoussée. J’ai fait toutes les têtes possible et imaginable en termes de dégoût (des exemples ici). Et puis putain, niveau hypocrisie on tape haut non ? Le film dénonce (très bien d’ailleurs) les violences domestiques tout en défendant corps et âme le choix d’engager Johnny Depp. Bien joué les connards (c’était le paragraphe haine de cet article, je vous invite à lire ce billet de Mirion Malle sur le sujet de l’impunité des hommes célèbres). Et même au-delà de ça, si j’adorais Johnny Depp quand j’étais gamine, progressivement (et bien avant qu’on sache qu’il est un agresseur), je ne pouvais plus supporter son jeu : dans l’auto-caricature constante. Et bien pour l’aperçu qu’on a eu ici, ça ne risque de pas changer beaucoup…

– Moi face aux personnages féminins du film : MEH. Elles sont tellement sous-exploitées que s’en est indécent. Prenons Tina pour commencer, une ancienne aurore tout de même. Qui passe 90% du film dans l’indécision, la peur et les larmes aux yeux. Et si sa sœur Queenie est géniale, on en sait tellement peu sur elle, et on joue tellement juste du fait qu’elle soit super fraîche et jolie.. Côté diversité, ils n’ont pas appris grand chose depuis Harry Potter : le monde est toujours tout blanc. Et nous faire deux plans sur une nana asiatique et nous mettre une présidente light skin ne suffit pas, désolé.

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– Si j’ai aimé certains animaux, je suis globalement déçue. Visuellement c’est quand même pas jojo non ? La CGI ne casse pas des briques, loin de là. Je m’attendais à plus d’émerveillement dans la valise de Newt, mais tout sonnait faux.. Frank par exemple, est terriblement mal fait, comme beaucoup d’autres. C’est quand même dommage quand les animaux fantastiques sont littéralement le titre du film ? Je ne comprends d’ailleurs pas spécialement le choix de la CGI pour TOUS les animaux. Franchement, Buck dans Harry Potter et le Prisionnier d’Askaban est bien mieux réalisé que 90% de ce qu’on voit ici (il n’était pas fait que d’effets spéciaux).

– Je le disais au début, l’Obscurus est un élément très fort émotionnellement. La façon dont il est amené, par touche, est aussi toute en puissance. Alors pourquoi cet éclatement excessif en fin de film ? Pourquoi faut-il toujours que les fins de films soient dans l’excès de la destruction ? On casse tout, à tout prix, le plus possible. Sensationnalisme totalement vide de sens, et même pas forcément classe visuellement. Je pense qu’on aurait largement pu s’en passer. Largement.

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Vous le voyez, mon avis sur Fantastic Beasts est loin d’être manichéen. Même si j’adore Harry Potter et tout ce qui gravite autour, je me dois d’avoir du recul sur le sujet. Pour le coup je suis quand même agréablement surprise de ce que j’ai vu, peut-être parce que je ne m’attendais à rien au départ ? Le film a des problèmes (et un acteur problématique…) mais arrive à nous replonger dans cet univers bien connu. Pour la suite, qu’en est-il ? Bonne question pour le coup, car ce premier opus se suffit à lui-même : on a une fin assez fermée. Mais comme on nous en prévoit cinq, on peut se douter de quelques pistes. Mais sachant que le mot circule que Newt et sa bande auront un rôle de personnage secondaire tandis que Grindelwald (donc Johnny Depp) va prendre de l’importance : je crains le pire (Anaïs toujours optimiste). 

Qu’avez-vous pensé de Fantastic Beasts ?

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